Lot 7
3 000 - 5 000 €
Résultat: 19 320 €

KEY HIRAGA (1936-2000)


SANS TITRE, 1966
Huile sur toile
Signée et datée en bas au centre
41 x 33 cm - 16.1 x 13 in.
Oil on canvas, signed and dated lower center

En quelques décennies, le mystérieux peintre japonais Key Hiraga a élaboré une des oeuvres les plus singulières du paysage artistique de la seconde moitié du XXe siècle, dont la fureur, la drôlerie et le caractère obsessionnel ne peuvent guère être comparés qu'avec ceux de son compatriote Tetsumi Kudo, dont l'univers est proche.
Né en 1936, Hiraga étudie tout d'abord l'Economie dans son pays natal, avant de rejoindre Paris en 1965, afin d'entreprendre une carrière artistique. Si sa manière picturale dérive à cette époque du graffiti et de la calligraphie, et peut plus ou moins évoquer par exemple celle de Jean Dubuffet, mais également les premiers travaux de Cy Twombly, très vite ses obsessions thématiques s'affirment sans équivalent.
Autour d'un personnage énigmatique, Mr K, alter ego névrotique de l'artiste, ses peintures et oeuvres sur papier dessinent un panorama terrifiant et drôlatique des relations entre les hommes et les femmes, véritablement noyées sous les attributs érotiques (seins, sexes, mais aussi sousvêtements, préservatifs...). Dans ses peintures, l'homme est souvent malmené, tourneboulé, réduit à l'état d'objet par des femmes dominatrices et cruelles, mais l'ironie y est omniprésente. A la mécanisation et aux puissances castratrices mise en oeuvre par la société moderne, Hiraga n'a de cesse d'opposer la permanence des instincts animaux qui régissent l'activité humaine depuis l'origine.
C'est au tournant des années 60 et 70 que la peinture de Key Hiraga s'affirme. Visitant l'atelier parisien d'Hiraga en 1965, le conservateur américain William Lieberman acquiert immédiatement pour le MoMA de New York " Window", et invite Hiraga à participer à l'exposition “New Japanese Painting and Sculpture” en 1966. L'organisation du tableau en fenêtres a sans doute été inspirée à Hiraga par sa passion pour le film "Fenêtre sur cour", tourné une décennie auparavant par Alfred Hitchcock, et dont le thème central, le voyeurisme, fait fortement écho aux préoccupations intimes d'Hiraga.
A la fin des années 60, le critique Gérald Gassiot-Talabot l'enrôle d'ailleurs dans un groupe de peintres liés à une nouvelle figuration post-Figuration narrative et post-Mythologies quotidiennes, avec Peter Foldès, Michel Macréau, Yannis Gaïtis et Edgard Naccache. Sous le nom de Groupe ORA, ces artistes exposeront à la Galerie Jacqueline Ranson à Paris, et à la Galleria Il Giorno de Milan. A son propos, Gassiot-Talabot remarque: «A voir les formes patibulaires, têtes en bas, coiffées de chapeaux melon, au milieu d'une forêt de symboles où le sexe a une place dominante, à déchiffrer ces tatouages compliqués, ces langues-cravates aux ramages insolents, ces roses équivoques, ces joyeux noctambules qui ont oublié les lois de la pesanteur, le moins que l'on puisse dire, c'est que Hiraga est un peintre qui n'a pas les pieds sur terre.» L'art grinçant et intemporel d'Hiraga suscite aujourd'hui un regain d'intérêt chez de nouvelles générations, comme en témoignent les expositions que lui ont récemment consacrées par la Mayor Gallery de Londres, ou le Studio Gariboldi de Milan
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