Victor VASARELY (1906-1997)

Lot 7
18 000 - 20 000 EUR
Résultats avec frais
Résultat: 39 000 EUR

Victor VASARELY (1906-1997)

VP-108, 1974
Tapisserie de basse-lice
Signée par l'artiste sur le bolduc apposé au dos
Numérotée 4 dans la trame
Tirage à 4 exemplaires
Edition Denise René, Paris
150 x 296 cm - 59.05 x 116.53 in.

Signed by the artist on the label affixed at the back
Numbered 4 (sewn)
Edition of 4
Denise René Edition, Paris

Provenance
- Galerie Denise René, Paris
- Collection particulière, Paris (offert par Denise René, circa 1974)

Le premier tirage de cette tapisserie date de 1971. Cette oeuvre est le numéro 4, réalisée à la main suivant les techniques d'Aubusson par Tabard frères et soeurs pour la Galerie Denise René, Paris
Cette oeuvre a été authentifiée par Monsieur Pierre Vasarely et est répertoriée dans ses archives
Nous remercions Monsieur Pierre Vasarely des informations qu'il nous a aimablement communiquées sur cette oeuvre.

Victor VASARELY
VP-108, 1974

L’art de Vasarely est une conquête, de l’espace. Par un envahissement précis, minutieux, inexorable, il inscrit ses créations dans une logique de la répétition, de la diffusion. Les règles, que l’œil applique pour donner du sens à l’image, deviennent le sujet même de l’œuvre d’art, l’Op’ Art (abréviation d’Optical Art, dont le terme apparaît pour la première fois dans le Time Magazine en 1964) s’appliquant à déjouer la perception. L’artiste est, en effet, l’un des premiers à établir que l’interaction entre la forme et la couleur peut créer de fascinants effets visuels : « Toute forme est substrat de couleur, toute couleur l’attribut d’une forme » scande-t-il. Dans une dialectique entre le plan de la peinture et la vibration chromatique, Vasarely explose le rôle pictural de la couleur. Elle est chez lui une réalité.
La grâce flexible de ses œuvres s’inscrit en contrepoint de sa maîtrise qui met en évidence l’autonomie de la couleur dans l’espace. Son alphabet plastique, unique, mouvant et visionnaire, la mutation biologique qu’il fait des cellules et leurs perspectives contradictoires de même que la vibration spatiale inscrite dans chacune de ses œuvres, lui valent une reconnaissance internationale dès l’exposition Le Mouvement qu’il co-organise avec Denise René en 1955. Exposition devenue aujourd’hui un mythe puisqu’elle fut l’acte fondateur de l’Art Cinétique. Invité dix ans plus tard à participer à l’exposition The Responsive Eye, Vasarely est consacré comme étant l’inventeur de l’art optique par le public et par la presse.
S’attachant à suggérer le mouvement, sans le réaliser vraiment, ses œuvres ne sont pas seulement perceptives. Au-delà de la réception de l’œuvre, c’est le statut intrinsèque de celle-ci et de son appréhension que l’artiste souhaite bouleverser prônant un art total et fonctionnel, inscrit dans le quotidien de tous. « Puisqu’il n’est pas permis à tout le monde d’étudier profondément l’art contemporain, à la place de la « compréhension », nous préconisons sa « présence » » écrit-il dans le texte publié en couverture du fascicule qui constituait le catalogue de la plus célèbre des expositions de Denise René.
Conjointement aux tableaux et aux sculptures qu’il créés, Vasarely, insatiable créateur, explore un nouveau medium dès les années cinquante : la tapisserie. Ayant eu, un jour, l’idée de composer un carton, dans la grande tradition des peintres-cartonniers, il contacta François Tabard, directeur d’un des ateliers les plus importants d’Aubusson. Cette rencontre scella, dès cet instant, une collaboration artistique féconde entre l’artiste, la galerie Denise René et l’atelier qui durera jusqu’en 1976. Dans la tapisserie que nous présentons se dévoilent, comme dans ses tableaux, la forme-couleur, la plasticité, l’opposition articulée de deux figures géométriques iconiques de son art que sont le carré et le rond, qu’il oppose tout en les associant, comme l’emploi contrasté qu’il fait des couleurs froides et chaudes. S’ajoutent à cela, l’enchevêtrement des fils, les entrelacs chromiques, l’impact optique vibrant de la laine, ainsi que le savoir-faire séculaire des teinturiers et des coloristes de l’atelier Tabard, chers au cœur de l’artiste.
D’une provenance virginale, cette œuvre a été offerte à notre collectionneur par Denise René après un séjour à New York. Cette tapisserie est l’une des rares à avoir été conservée par un collectionneur privé, véritable amateur éclairé, qui sut voir dans cette œuvre l’essence même de l’Op’Art. Dans une orchestration visuelle pure, offrant à la couleur une réalité nouvelle, Vasarely parvient à repousser la froide géométrie à ses limites presque charnelles.
(Sabine Cornette de Saint Cyr)
 
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