KAREL APPEL (1921-2006)

Lot 120
180 000 - 250 000 €
Résultats sans frais
Résultat: 219 800 €

KAREL APPEL (1921-2006)

CRI TOURNANT, 1959
Huile sur toile
Signée et datée en bas à gauche
130 x 195 cm - 51.18 x 76.77 in.

Oil on canvas
Signed and dated lower left

Provenance:
- Esther Robles Gallery, Los Angeles
- Collection Samuel Schulman, Beverly Hills
- Vente Perrin-Royère-Lajeunesse, 26 juin 2005
- Collection particulière, Cannes (oeuvre acquise lors de la vente précitée)

Exposition:
- Karel Appel, Esther Robles Gallery, Los Angeles, 1959

L'authenticité de cette oeuvre nous a été aimablement confirmée par Monsieur Jan Nieuwenhuizen Segaar
Un certificat de Monsieur Jan Nieuwenhuizen Segaar pourra être obtenu, sur simple demande, à la charge de l'acquéreur 8 novembre 1948: Naissance du mouvement CoBrA à l'hôtel «Le Notre Dame» à Paris, dont le nom est l'acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam en référence aux villes dont sont originaires les membres fondateurs: Christian Dotremont, Jacques Calonne, Asger Jorn, Joseph Noiret, Karel Appel, Corneille, Constant, Pierre Alechinsky, Jan Nieuwenhuys, Pol Bury, Henry Heerup, Egill Jacobsen, Carl-Henning Pedersen, Jacques Doucet et Jean-Michel Atlan.
Hostile au mouvement surréaliste bien qu'il s'en rapproche par l'automatisme et l'appartenance au communisme, ce mouvement se réfère surtout à l'art populaire nordique, à l'art primitif, à l'expressionnisme, aux dessins d'enfants et à l'art brut de par la poétique libertaire qui s'en émane. Privilégiant l'imagination au rêve, ils se font alors les héritiers de Bachelard par la psychanalyse de l'imaginaire créatif. Leurs éléments fondamentaux sont la terre, l'eau et le feu.

«Nous n'admettrons plus qu'ils ré-imaginent la nature, ni qu'ils la déforment, ni qu'ils la transposent. Nous exigeons des peintres qu'ils imaginent des formes nouvelles. Ils n'arrivent à nous satisfaire que s'ils ont en eux une force d'abstraction assez grande pour rejoindre le primitif représentant le soleil sous la forme d'une roue dentelée, que s'ils ont un don de la métamorphose assez aigu pour créer de nouveaux signes» (Michel Ragon, Expression et non-figuration-1951, citation de Dotremont). A l'encontre du formalisme et de l'esthétisme, l'art de Cobra, gourmand et insidieux, affirme avec violence la couleur de la liberté. Dans une utilisation spontanée et expérimentale des lignes, les artistes pataugent dans la couleur comme des enfants maladroits et euphoriques.
C'est en 1950 que les Parisiens découvrent les premières peintures de Karel Appel, à la galerie Colette Allendy, à la Librairie 73, puis à la galerie Pierre en 1951. Sa désintégration des formes, sa puissance et sa brutalité heurtent les spectateurs et fouettent la peinture d'alors, dont l'apothéose était à la géométrie, d'un sang frais.
Cet influx vital, né d'un cheminement inquiet, éclos dans l'urgence car l'abstraction est une catharsis. «Mon outil doit s'adapter à ma spontanéité, à l'immédiateté de mon geste. Je travaille sur le pas sec, et je continue jusqu'au terme de l'achèvement. Il est assez rare que je reprenne une toile...Peut-être une ou deux fois par an. Après un retour de voyage, pour démarrer, me remettre en train, je ressors une toile dont je n'étais pas très content et j'y retravaille (...) dit-il.
Terre de combat, sa peinture crisse et prend en otage la figure souvent née d'un bestiaire hybride. Les créatures rencontrées au hasard de ses
Peintures, dans la chaleur de la pâte malaxée et vive, relèvent de l'intelligence créative infantile. Cet artiste, pour qui tout acte d'imagination est un acte magique, fait renaître de façon sauvage l'essence de la peinture. En se vautrant dedans, par son chromatisme sauvage, il la réanime, il la fait revivre.
Son départ pour les Etats-Unis, s'ouvrant sur une exposition à la Martha Jackson Gallery à New York en 1954, lui assure une carrière internationale qui ne s'arrêtera jamais. La galerie Rive droite à Paris présente ses oeuvres l'année suivante, une rétrospective lui est consacrée quelques années plus tard à Utrecht, puis ce sera le New York Cultural Center en 1973, la Wildenstein Gallery de Londres et la Fuji Television Gallery de Tokyo en 1975. La galerie Lelong présentera trois fois ses oeuvres ces dernières années en 2003, 2009 et 2011. Le Musée Cobra à Anvers, c'est dire l'influence déterminante de ce mouvement dans l'Histoire de l'Art, lui consacre une immense rétrospective en 2005.
Cette oeuvre, exceptionnelle de bestialité, dont les êtres qui l'habitaient se sont éloignés, convoque les forces telluriques avec une rare ampleur.
Elle incarne de façon absolue la pensée d'Appel qui nous révèle qu'au-delà d'une ligne et d'une couleur, la peinture n'est pas un tableau: elle est une nuit, elle est un cri, elle n'est pas un animal: elle est l'animalité. Elle n'est pas un enfant: elle est l'enfance. Dans un jaillissement pictural l'artiste change le regard du regardant: le spectateur devient un guetteur.
(Sabine Cornette de Saint Cyr)
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